Chièvres

Détails

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Personne relais pour la paroisse de Chièvres : Liliane LELEUX - - 068 65 89 32 -

Eglise Saint-Martin

Chièvres, déjà citée en 870, possède une église gothique classée qui remonte en partie au 14ème siècle ; de cette première époque, retenons : la maçonnerie inférieure et intérieure de la tour, le grand arc sous la tour, les arcades de la nef, l'arc triomphal, quelques maçonneries des nefs latérales formant chapelles à pignons et une colonne à feuilles lancéolées de la sacristie.

Au cours de la première moitié du 16ème siècle, grâce aux libéralités de Jean Delmont, bailli de la ville, une importante campagne de remaniements et de construction donna à l'édifice son aspect actuel. Ce dernier, conçu selon le type hennuyer, fut doté d'une tour, de nouvelles colonnes formant les travées de la nef, d'un transept débordant, de collatéraux remaniés et d'un choeur à trois pans, accosté de chapelles ; de cette campagne datent aussi l'exhaussement de la nef et la voûte à bardeaux masquée par de nouvelles voûtes (charpentes et voûtes partiellement renouvelées en 1646). La tour, achevée en 1606, fut partiellement refaite en 1705 ; elle comprend des contreforts et 4 tourelles d'angle formant échauguettes. Jusqu'en 1686, il exista un campanile sur la croisée du transept. L'église de Chièvres, déjà marquée par des travaux à la fin du 16ème siècle et durant les deux siècles suivants, fut l'objet de plusieurs restaurations ; citons les travaux de 1870 (renouvellement de meneaux, etc.) et la décoration du choeur en 1876. En 1931, l'architecte Alphonse Dufour, de Tournai, dirigea une nouvelle restauration. Une nouvelle restauration est actuellement à l'étude.

L'église Saint-Martin de Chièvres est située sur un éperon rocheux dans la partie Nord de l' « intra-muros » de la ville, près de la tour de Gavre. Cet édifice gothique, dont la flèche s'élance pour nouer ciel et terre, est terminé et consacré en l'an 1543. L'église est construite en pierres de taille et briques, elle a subi de nombreuses restaurations au cours du temps. Elle est entourée de son ancien cimetière aménagé de stèles et monuments funéraires.

L'édifice de plan en croix comporte un choeur jouxté de deux sacristies dont l'une est ajourée d'une colonne qui supporte une voûte surbaissée. Jusqu'à aujourd'hui, ce petit espace carré est daté du XVème siècle. L'église renferme de magnifiques objets de culte orfèvrés dont des ostensoirs, des plats de reliure, des calices, un lutrin en forme d'aigle. Son transept comporte une chaire de vérité datée de la troisième moitié de XVIIIe siècle ainsi qu'un retable illustrant les Miracles de Notre-Dame de La Fontaine, chère aux chièvrois.

L'église conserve encore une partie de sa charpente originelle dont les extrémités sont sculptées en forme d'anges et de saints ainsi que ses vitraux restaurés après la deuxième Guerre Mondiale par Louis Charles Crespin et François Crickx.

Emilie Nisolle

Bibliographie : HAUDENARD (VAN) Maurice, Histoire de la ville de Chièvres, dans Annales du Cercle Archéologique d'Ath, s.l., 1922-24 - MARDAGA Pierre, Le Patrimoine Monumental de la Belgique : Wallonie-Hainaut Ath-arr.B-F, vol. XIII, t. II, Liège, 1988.

 

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Chapelle de la Ladrerie

Contact : Jean-Marie DUBOIS - Rue Saint-Ghislain 59 - 068 65 73 40 -

Apportée d'Orient par les croisés, durant le Moyen-âge, la lèpre fait de nombreuses victimes au cours des XIe et XVIe siècles. Dans nos régions, la lèpre est peu présente au XVe siècle. D'autres maladies telles que le choléra, la peste ... font de nombreux ravages.

Les personnes atteintes de la lèpre ou d'autres maladies infectieuses sont exclues et rejetées de la société. C'est à la mort de Nicolas de Rumigny, troisième époux de Eva de Chièvres, que la maladrerie est édifiée. Le pape Lucius III y autorise l'installation de religieux et lui attribue des privilèges confirmés par ses successeurs Grégoire II et Alexandre IV.

Cette grande dame de l'histoire de Hainaut est à l'origine de plusieurs bâtiments de la Ville de Chièvres ayant un lien direct avec la charité : l'hôpital Saint-Nicolas (1126), la chapelle Saint-Jean (1160-1170), la chapelle Notre-Dame de la fontaine (première construction au XIIe siècle, reconstruite actuelle en 1893 par le prêtre-architecte Vital Duray). Elle est également un personnage incontournable dans la fondation de l'abbaye de Ghislenghien.

La léproserie de Chièvres est encore en fonction en 1588. Elle est transformée en ferme dès 1718 et est reconnue sous le nom de "ferme de la Ladrerie". Cette ferme et les champs environnants sont repris en 1844 à l'Atlas des Chemins Vicinaux sous la propriété de " l'hospice de Chièvres " ancienne appellation de l'actuel CPAS.

En effet, encore aujourd'hui, la chapelle de la Ladrerie relève du CPAS de Chièvres. Ce dernier est le successeur des établissements de charité établis par la générosité laïque et gérés par l'Église au cours de l'Ancien Régime. Devenus bureaux de bienfaisance, administration des hospices et secours à partir du régime français, puis sous le régime hollandais et sous l'indépendance belge, les centres publics d'aide sociale ont succédé aux Commissions d'Assistance Publique.

L'ensemble des bâtiments actuels se compose du « lieu de culte », de la « chapelle », de la cellule de production, de la ferme. Matériaux: pierre bleue, dolomie, grès jaune et tuile romaine. L'édifice est fait de deux parties ; d'une nef unique de type roman du XIIe siècle et de plan rectangulaire. D'un choeur à chevet pentagonal à pans coupés aux angles en pierre taillées qui se greffe sur la nef vers l'est. La grande surface rectangulaire avait sans doute pour fonction d'être la salle des malades à laquelle on ajoute, plus tard, un choeur où s'amorce les premiers élans du style gothique qui commence à se développer dans nos régions.

Emilie Nisolle

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Chapelle Notre-Dame de la Fontaine

Contact : Mady VANDERPOORTEN-BARRA - Rue St-Ghislain 71 - 068 65 70 78 -

Il y a maintenant plus de 700 ans, la ville de Chièvres fut marquée par un évènement peu commun. En effet, au XIIe siècle, à proximité de l'église paroissiale, une source alimentait une fontaine près de laquelle croissait un sureau. Selon l'histoire de Chièvres, l'image de la Vierge serait apparue sur cet arbre. Eve de Chièvres, dernière descendante de la famille d'Alsace, demanda la construction d'une chapelle près du sureau en vue de protéger l'image exposée aux intempéries. Aujourd'hui, les chiévrois identifient cette image sous le nom de Notre-Dame de la Fontaine ou de Notre-Dame du sehu (= sureau en patois local).

Vers 1130, en raison de la dévotion grandissante des habitants, Eve fit instituer une procession annuelle le jour de la Pentecôte en l'honneur de Notre-Dame de la Fontaine, première procession alors en vigueur. La décision fût acceptée en 1154 par l'évêque de Cambrai. En 1570, une procession fut crée suite à la guérison d'un enfant de Lens, âgé de 10 ans, Nicolas Populaire, qui fut l'objet des bienfaits de la Vierge. Durant toute sa vie, il assista à la procession. Les habitants de Lens l'accompagnaient dans son pèlerinage et offraient un cierge à Notre-Dame de la Fontaine. Cette coutume s'est poursuivie jusqu'en 1914, les habitants de Lens assistaient nombreux à la procession. Aujourd'hui cette procession se déroule le dimanche dans l'octave de l'Ascension, soit le 5 juin de cette année 2011. Celle-ci a pour la première fois été instaurée le 14 mai 1893 en l'honneur de l'inauguration de la nouvelle chapelle Notre-Dame, de style néo-gothique.

Notre-Dame de la Fontaine reste connue pour ses nombreux miracles entre autre pour la guérison d'enfants malades. Un fait témoigne de la dévotion envers Notre-Dame, il s'agit de : la chapelle. Après la construction demandée par Eve de Chièvres, plusieurs étapes se sont succédées dans l'élaboration de la bâtisse. En 1315, un malade guéri de la goutte, fait ériger une nouvelle chapelle en l'honneur de Notre-Dame. En 1326, vient l'édification d'un nouveau bâtiment. Un nouvel agrandissement intervint en 1632 grâce au soutien du Duc d'Havré. Lors de la révolution française, en 1798, la chapelle fut vendue et détruite. La statue miraculeuse fut retrouvée dans les décombres et déposée sur un autel latéral dans l'église Saint-Martin.

Il fallut attendre l'an 1830 pour que les plans d'une nouvelle chapelle soient élaborés par le prêtre architecte l'abbé Vital Duray. Cet édifice est de style néo-gothique. En forme de croix latine, elle se compose d'une nef, d'un chœur semi-hexagonal et d'un transept couronné à la croisée d'une flèche pyramidale. Le bâtiment fut béni en 1893. L'architecture néo-gothique se caractérise par l'utilisation d'arcs brisés, de rosaces et par la croisée d'ogive intérieure. Les matériaux utilisés sont typiques de l'architecture régionale, c'est-à-dire d'un mélange de pierres et briques avec chaînage d'angles.

La chapelle actuelle accueille en son sein l'image de Notre-Dame de la Fontaine. Celle-ci est une reproduction du XIXe siècle. En effet, la statue romane en pierre blanche polychromée d'origine, datée du XIe au XIIe siècle, a disparu. Les circonstances de ce fait demeurent floues. La statue actuelle se tient comme suit:
Marie est assise sur un trône massif, l'air impassible, hiératique, elle tient son Fils sur ses genoux. Celui-ci a la taille d'un enfant, mais il arbore le costume et l'attitude du Christ en majesté. Ce type de représentation est le plus ancien en occident : il fait de Marie son "Trône de Sagesse". Ce type d'iconographie se retrouve fréquemment sur les tympans des cathédrales, surtout à partir du XIe siècle.
La Vierge est vêtue de bleu et de rouge. Le bleu est la couleur de l'humilité, elle nous rappelle le travail, couleur du Jeans. Le rouge est la tonalité de la royauté ou plus appropriée ici, de la Passion. Le Christ, Fils de Dieu, dispose d'un corps d'enfant, et d'un visage d'homme mûr. Il maintient un oiseau dans ses mains. Il est Dieu Trinitaire : à la fois Père, Fils et Esprit. Les trois images sont représentées. L'oiseau que le Christ tient dans sa main est rouge, il s'agit peut-être d'un rouge-gorge. Cet oiseau fait souvent référence à la Passion du Christ.
Quant à Marie, elle tient une fleur dans sa main droite, l'anémone qui représente l'éphémère. En effet, dans la nature, la fleur s'épanouit puis se fane, sa vie est de courte durée. Quand on compare cette fleur a Marie, on sait qu'elle est heureuse parce qu'elle a eu un fils. Mais elle sait que son bonheur sera de courte durée puisque celui-ci donnera sa vie sur la croix pour réparer les péchés des hommes.

Emilie Nisolle

Bibliographie: M. VAN HAUDENARD, Histoire de la ville de Chièvres, Bruxelles, 2ème éd., 1933 - M. VAN HAUDENARD, Histoire de Notre-Dame de la Fontaine, vénérée dans la ville de Chièvres, Delzenne, Chièvres, s.d.

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Chapelle Saint-Jean-Baptiste

Contact : Myriam DUVIVIER - Grand Rue 14 - 068 65 74 92 -

Cette chapelle, de style roman, fut fondée par Eve de Chièvres entre 1160 et 1170. Femme pieuse, elle souhaita le développement de plusieurs bâtiments religieux au sein de la ville de Chièvres. A l'origine, on suppose que cette chapelle était accompagnée d'une maison et d'une Communauté d'Hospitaliers, mais aucun vestige ne subsiste. En effet, Eve de Chièvres donna une partie de sa vie pour les malades et les pèlerins venus d'autres contrées.

La dotation de la chapelle fut d'ailleurs réalisée en faveur de l'ordre de Saint - Jean de Jérusalem qui devint plus tard l'Ordre de Malte. Cet ordre avait pour fonction de soigner et de protéger les pèlerins venus accomplir un pèlerinage en Terre Sainte, à Jérusalem. Lors de la disparition des communautés religieuses, suite au non succès des croisades, les biens de la fondation (terres labourables et prairies, la moitié des offrandes des fidèles, plusieurs portions d'impôts, du droit de seigneurie et de justice) furent gérés par la Commanderie de Piéton pour le Hainaut (= une commanderie est un ensemble de bâtiments tenant à la fois du monastère et de la ferme de rapport, destinés à se procurer des fonds pour soutenir leur action en Terre sainte).

La chapelle, de plan rectangulaire, est entièrement construite de moellons régionaux rejointoyés. L'édifice, de style roman, dispose d'une façade percée d'un arc en plein cintre. L'ensemble des fenêtres disposées sur le corps du bâtiment sont également cintrées. Cette architecture pourrait également être qualifiée de « lombarde » vu la présence de doubles arcades aveugles sur le chœur à chevet plat, côté sud, datées du XIIe siècle. La chapelle a connu bien des vicissitudes, notamment lors de sa désaffectation et de sa vente en 1797.
On situe la construction de la nef et de la charpente vers le milieu du XIIe siècle. Le pignon ouest quant à lui fut restauré au XVIIe et XVIIIe siècles. L'édifice, classé en date du 01 juin 1945, fut partiellement détruit lors des bombardements de 1944. L'édifice fut restauré dans le courant des années 1960 par Jean Tolet et Simon Brigode.

La chapelle détient toujours un patrimoine, conservé en lieu sûr. Il s'agit d'un plateau composé d'argent et de laiton. En son milieu se trouve une tête en ivoire, représentant la face de Saint–Jean-Baptiste. Cet objet est sorti chaque année lors de la fête traditionnelle du Saint vénéré, plus particulièrement lors des vêpres Saint-Jean, célébrées le 23 juin.

Emilie NISOLLE

Bibliographie : LEQUEUX J.-M., Répertoire Photographique du Mobilier des Sanctuaires de Belgique (Province de Hainaut – Canton de Lens), Bruxelles, 1980 - VAN HAUDENARD M., Histoire de la Ville de Chièvres, Bruxelles, 2ème éd., 1933.

 

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Eglise Saint-Martin (Tongre-St-Martin)

Perdue au beau milieu de la campagne, la petite église de Tongre-Saint-Martin respire toujours. Malgré sa désacralisation récente, elle dominera notre paysage et regardera encore longtemps sa cousine de Chièvres. Le bâtiment date de 1775, sa tour en saillie sera bientôt transposée en poste d'observation, tandis que son corps accueillera une série d'évènements culturels. La plupart des objets ont été déplacés dans l'église Saint-Martin de Chièvres dont des statues de saints ainsi que des luminaires.

L'édifice abritait un Autel Majeur meublé d'un retable peint illustrant l'Agneau de l'Apocalypse. Le sommet était couronné de la Colombe du Saint-Esprit. Cet Autel de bois marbré par F. J. Van der Meulen d'Ath datait du XVIIIe siècle. Il avait été restauré au XIXe siècle. Une série de dalles funéraires sont également observables et racontent l'histoire des ancêtres des lieux, maintenant fermés.

Emilie Nisolle

Bibliographie : LEQUEUX Jean-Marie, Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique (Province de Hainaut – Canton de Lens), Bruxelles, 1980

 

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